LE TEMPÉRAMENT DU CHIEN

Mis à jour : févr. 20

Au-delà des étiquettes, mieux comprendre pour mieux agir !


Est-ce que vous vous êtes déjà demandé d'où vient le tempérament de votre chien ? Est-ce qu’il va s’assagir un jour ? Connaissez-vous les caractéristiques de son tempérament ? Est-ce que votre chien peut changer?


Cet article propose de jeter un nouveau regard sur les étiquettes qu’on pose trop souvent sur un chien qui adopte un comportement indésirable. Sachant que derrière tout comportement se cache une motivation, une raison, il est souvent difficile pour l’humain de comprendre cette motivation et de trouver une solution. Nous avons tendance à étiqueter le chien, plutôt que de trouver le besoin qui se cache derrière l’étiquette : agressif, anxieux, hyperactif, maladroit, peureux, têtu...


Bien que nous puissions trouver des similarités chez plusieurs lignées, tous les chiens sont uniques. Chaque chien nait avec un tempérament et développe une personnalité unique. C’est en connaissant bien l’origine du tempérament de votre chien et ses caractéristiques que vous pourrez l’aider à vivre convenablement dans notre société. Bref, vous trouverez dans cet article des informations pour mieux comprendre l’origine de certaines étiquettes et être en mesure d’analyser le besoin de votre chien.


Tout comme l’humain, le chien nait avec un tempérament qui lui est propre. Génétiquement déterminé (l’innée), le tempérament du chien sera aussi influencé par son environnement social et familial (l’acquis). Le tempérament va influencer ses capacités d’adaptation, son niveau d’attention et d’activité, son humeur... Bref, selon la croyance populaire, la génétique est de seulement 20% par rapport aux acquis qui seraient de 80%. Toutefois, c’est beaucoup plus complexe que cela, car il est difficile de trancher au couteau les pourcentages. L’innée et l’acquis interagissent en ayant des interactions parfois très subtiles.


Tout est innée et tout est acquis : génétique et épigénétique interagissent en permanence.


Tous les types de tempérament comportent leurs défis selon la lignée du chien ainsi que l’expérience et le rythme de vie du propriétaire. Il ne faut pas oublier qu’un animal hérite d’un bagage et qu’une multitude de facteurs sera déterminante de sa personnalité jusqu’à sa mort. Les prédispositions génétiques reliées à sa lignée, aux conditions d’élevage et à ce que vous pourrez lui offrir comme environnement ne sont pas à négliger dans le choix de votre compagnon.


Cela étant dit, si vous êtes un futur adoptant, il ne faut pas se tourner exclusivement sur les élevages. Beaucoup de chiens mixtes qui se retrouvent en refuge ont un énorme potentiel de trouver un travail ou une famille. À cela peut s’ajouter une diminution des risques de se retrouver avec des maladies génétiques récurrentes et présentes chez certaines lignées. Néanmoins, il s’agit d’être conscient des besoins de l’animal selon son tempérament, les facteurs externes et internes versus ce que vous pourrez lui offrir comme qualité de vie.


Facteurs internes : l’organisme du chien, sa perception, ses raisonnements, sa façon de se représenter son environnement, ses perceptions sensorielles, les réactions neurovégétatives (salivation, transpiration, circulation sanguine…), les actes moteurs…


Description des caractéristiques chez le chien

Il existe plusieurs caractéristiques pour décrire les traits de tempérament chez le chien. Sans entrer dans l’anthropomorphisme, ces caractéristiques vulgarisent de manière générale les comportements qui le définissent. Elles peuvent aider à mieux comprendre les comportements et ainsi mettre en place des processus pour aider l’animal à mieux vivre dans notre société.


Anthropomorphisme : L’anthropomorphisme est une tendance de l’humain à attribuer aux animaux ou aux choses des concepts humains. Dans le cas du chien, l’humain a souvent tendance à se projeter ou interpréter les besoins et les émotions du chien selon sa propre réalité.


Le niveau d’activité versus le niveau d’inactivité Cette caractéristique fait référence au niveau de l’activité motrice et à la durée des périodes d’activité par rapport aux périodes d’inactivité (dormir ou être couché à ne rien faire). Certains chiens ont de la difficulté à tenir en place et ont un grand besoin de faire de l’activité physique intense, tandis que d’autres se contentent d’une bonne marche journalière. Le facteur âge est à prendre en considération, car les chiots et les chiens âgés ont besoin de beaucoup plus d’heures de sommeil.

En général, les chiens ont besoin de pratiquer des activités variées au moins 6 heures par jour pour être bien dans leur corps de la tête aux pattes : physique, ludique, masticatoire, vocale, sexuelle.

L’intensité de sa réaction Il s’agit du niveau d’énergie manifesté par un chien lorsqu’il réagit face à quelque chose de positif ou de négatif. Certains chiens manifestent intensément leurs émotions et sont un livre ouvert tandis que d’autres auront plus tendance à se refermer sur eux-mêmes, à s’isoler. Un chien qui réagit agressivement à une situation exprime clairement un besoin : j’ai besoin d’espace, j’ai besoin de repos (surtout les chiots en fin de journée ou les chiens âgés), j’ai besoin d’apprendre à changer mes associations vis-à-vis de ce qui me fait peur, j’ai besoin d’encadrement. Dans l’autre cas, le chien qui s’isole a besoin d’un recul pour évaluer la situation ou de pouvoir s’affirmer davantage.


L’humeur général

Il s’agit de la proportion des comportements accueillants par rapport aux comportements hostiles. Des vocalisations fréquentes ou les types de vocalisation sont un également des indicateurs de l’humeur d’un chien. Tandis que certains sont trop heureux d’être contents d’être heureux, d’autres sont tout simplement moins démonstratifs ou moins tolérants.


La régularité ou le rythme biologique

Il s’agit de la régularité des fonctions biologiques du chien : appétit, sommeil, prise d’eau, les alternances sommeil/éveil, ses habitudes éliminatoires... Certains vont éliminer à des heures bien précises tous les jours et d’autres non. Cela dépend de leur rythme biologique. Parce que le chien domestique doit se retenir d’éliminer à l’intérieur de la maison, une routine pour apprendre à éliminer à l’extérieur doit être instaurée dès son adoption pour assurer sa propreté. Instaurer une habitude pour la prise des repas peut aussi aider à régler les problèmes de malpropreté.


L’approche, le recul et les premières réactions Il s’agit de la méfiance ou de l’intérêt dont fait preuve le chien face à de nouvelles expériences : manipulations, rencontres sociales et familiales, expériences sensorielles... Certains chiens sont fonceurs, ils réagissent avec entrain et à tout ce qui est nouveau. Certains sont même très téméraires, tandis que d’autres reculent devant certaines expériences qui nous paraissent ordinaires. C’est ce qui explique pourquoi des chiots vont à leur premier cours de maternelle avec enthousiasme et regarderont à peine leurs propriétaires alors que d’autres vont préférer se cacher entre leurs jambes et observer. Les chiens qui ont peur de la nouveauté ont besoin d’être rassurés et encouragés à aller de l’avant. Il faut surtout éviter de les surprotéger et à l’extrême, éviter de les forcer.

L’adaptabilité ou ses capacités d’adaptation Il s’agit des réactions à long terme d’un chien face à la nouveauté et son aisance au moment où celle-ci survient. Un chien qui s’adapte facilement se sent à l’aise plus rapidement dans une nouvelle situation (ex. : arrivée dans sa famille adoptive, cours de maternelle, changement de gardien) qu’un autre qui s’adapte plus lentement. Une façon d’aider un chien à mieux s’adapter, c’est de l’amener à vivre graduellement le changement. Par exemple, pour un chien qui commence la garderie pour la première fois ou devra séjourner en pension; il faudra d’abord lui permettre de visiter l’endroit, puis y passer seulement quelques heures avant d’y passer une journée entière, son premier dodo et ainsi de suite.


La sensibilité sensorielle Les chiens ne réagissent pas de la même façon que les humains vis-à-vis les expériences sensorielles. La perception du chien est aussi bien différente à plusieurs niveaux, rendant parfois les communications difficiles. Certains sont fortement stimulés par le bruit, le toucher, les lumières brillantes, la texture et la sensation de celle-ci sous leurs pattes. De plus, les chiens découvrent la majorité des choses avec leur museau, rendant bien des propriétaires à bout de patience lors des promenades. Chez les chiots, tout passe par la gueule. Les petites dents coupantes et le manque de contrôle qui n’est pas encore acquis dérangent beaucoup les propriétaires.


Sachez que vous pouvez aider à plusieurs niveaux votre chien à se développer, en lui permettant de faire de belles associations avec les stimuli. Lui permettre d’apprendre à tolérer le stimulus en augmentant graduellement l’exposition lui permettra de mieux gérer ses émotions, par le fait même ses réactions.


Concernant le chiot, beaucoup d’endroits proposent maintenant des cours de maternelle avec une salle d’éveil pour maximiser leur développement. Eh oui, comme pour nos enfants à la garderie ou presque !

Photo salle stimulation chien vs garderie.


Le niveau de concentration Elle sert à décrire l’influence des stimuli extérieurs sur l’activité qu’un chien est en train d’accomplir. Parfois, ces stimuli modifient entièrement l’activité. Certains chiens peuvent vaquer à leurs activités malgré les stimulations, tandis que d’autres ont besoin de calme pour faire quelque chose.


La persévérance et la durée de l’attention Cette caractéristique fait référence à la durée pendant laquelle un chien se consacre à une activité malgré des interruptions ou des difficultés. Un chien persévérant peut passer plusieurs minutes à essayer de sortir une simple croquette d’un de ses jouets. De l’autre côté, un autre chien peut se décourager après quelques secondes. Pour aider un chien à développer sa persévérance, il faut lui fixer des objectifs réalistes en tenant compte de ses capacités et surtout de ce qui le motive. Commencez par lui suggérer une activité de courte durée qu’il réussira facilement. Par la suite, il suffit d’augmenter progressivement le niveau de difficulté de l’activité. Également, il faut trouver ce qui motivera votre chien à persévérer ou rester attentif.


* Veuillez noter qu’un changement soudain chez votre chien est un indice important que quelque chose affecte l’animal. Alors, avant même de consulter un intervenant en éducation ou comportement canin, il est fortement recommandé de consulter votre vétérinaire pour exclure les maladies ou autres problèmes de l’équation. Par exemple : un chien de 10 ans commence à faire les 100 pas au milieu de la nuit et demande la porte régulièrement pour aller uriner. Ces changements annoncent que quelque chose perturbe son rythme biologique. Consultez !


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Fanny Mahingan Peltier

Expert-conseil en gestion de milieu de pension

Éducateur-comportementaliste et Coach en sports attelés

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